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Cheikh Yérim Seck défend le monument de Wade Version imprimable Suggérer par mail
08-03-2010

ImageLe journaliste Cheikh Yérim Seck n’accepte plus que la presse internationale s’acharne contre le monument de la renaissance africaine chère au président Abdoulaye Wade.

NETTALI.NET –  Dans un article à paraître dans le numéro de cette semaine de l’hebdomadaire Jeune Afrique, Cheikh Yérim défend « le principe de la construction » du monument. Non sans rappeler à la presse internationale que l’Occident n’est pas le seul à avoir le droit de voir les choses en grand.


 

« Les colosses de Dakar » (Libération), « Wade, un artiste incompris » (L’Express), « Ivresse du pouvoir et folie de grandeur » (France 2), « Les délires du président Abdoulaye Wade (Canal+)… Voilà quelques exemples de titres que la presse internationale consacre au monument de la renaissance africaine, ce projet cher au président Abdoulaye Wade. Et cette semaine, c’est l’hebdomadaire britannique The Economist avec un titre provocateur, selon certains. « Statuesque ou grotesque ? », s’interroge l’hebdomadaire.

En fait, le journaliste Cheikh Yérim Seck semble ne plus vouloir accepter que la presse internationale dépeigne Abdoulaye Wade comme « un vieillard gâteux, rongé par la vanité du pouvoir au point de bâtir un monument de 26 millions d’euros alors que ses compatriotes vivent pour la plupart en dessous du seuil de pauvreté ». En fait, pour le journaliste sénégalais de Jeune Afrique, il peut certes y avoir des raisons de critiquer le projet de Wade, mais celles-ci sont loin d’être bonnes. Car, écrit-il, « la vanité peut être source de progrès, tout comme la volonté d’un dirigeant de graver dans la pierre la trace de son passage aux affaires ».

Et, ajoute-t-il, « dénier aux Africains le droit à des symboles parce qu’ils sont pauvres procède d’une cécité historique ». « Le château de Versailles, dont la France est si fière, avec ses ors, dorures et lambris, ses 67.000 m2 de superficie, ses 2000 pièces, ses 92 hectares de jardin… a été bâti au XVIIe siècle par Louis XIV à une époque où, une bonne partie de ses sujets était en proie à la famine », lit-on dans le papier à paraître dans Jeune Afrique de cette semaine. « Comme ce château qui abrite aujourd’hui les cérémonials les plus solennels du rituel républicain français, la basilique de Yamoussoukro n’aurait jamais existé si Félix Houphouët-Boigny avait plus écouté les sarcasmes que sa volonté d’imiter les bâtisseurs qui firent le rayonnement des empires », écrit encore le journaliste.

Suffisant donc pour Cheikh Yérim Seck rappelle aux journalistes occidentaux que « l’Afrique a aussi le droit de voir les choses en grand ». Mais il n’en reste pas moins conscient que le monument de la renaissance africaine peut donner lieu à des vraies critiques liées notamment au « financement par une transaction financière douteuse », à la « réclamation par Wade des 35% de droits de droit d’auteur sur les fruits de l’édifice », au « recours à des architectes et sculpteurs extérieurs au continent »… Mais sa conviction à lui, c’est que « le principe de la construction du monument de la renaissance se défend ».

Dernière mise à jour : ( 08-03-2010 )
 
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