| Mieux modéliser les risques sismiques |
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| 09-03-2010 | |
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Dans ces deux cas, comme d'ailleurs pour l'essentiel des tremblements de terre sur la planète, l'existence d'un risque sismique était connue. Les avancées scientifiques considérables en matière de compréhension des mouvements de notre écorce terrestre et des diverses plaques qui la composent, des phénomènes physiques de frottement, de subduction, de glissement de ces plaques, ont permis de dresser une carte assez précise des régions soumises au risque sismique. Certes, différents standards selon les pays et équipes donnent encore des évaluations variables, et l'on manque de données précises pour certaines régions, mais on dispose depuis 1999 d'une première carte mondiale des aléas sismiques. Mais tant que ce risque sismique demeure exprimé en terme de simple probabilité d'un événement de telle ou telle intensité, son utilité réelle en matière de prévention et d'intervention demeure limitée. Pour ne reprendre que cet exemple, quelle pouvait être la réaction du gouvernement haïtien vis-à-vis d'une probabilité d'un événement d'intensité 7 tous les deux cents ans au niveau de la faille Enriquillo-Plaintain Garden qui s'est rompue le 12 janvier ? L'information qui jusqu'ici manquait pour de très nombreuses régions du globe, et particulièrement pour les pays en voie de développement, était une connaissance de la vulnérabilité des zones concernées et des conséquences d'un événement sismique d'une intensité donnée en termes de victimes, de dommages aux habitations et infrastructures essentielles, d'impact social et économique à court et moyen terme. L'importance de ce type d'information est considérable, pour la prévention comme pour la gestion des catastrophes. Il permet aux autorités et organismes d'aide de cibler les zones les plus à risques pour définir les codes de construction, le renforcement des bâtiments et infrastructures (pour une même infrastructure, le coût des mesures de prévention est dix fois moins important que celui de la reconstruction…) et de planifier leur réponses en cas de crise, mais aussi de réagir plus rapidement après un tremblement de terre. Ainsi, pour reprendre l'exemple d'Haïti, les informations sur les dégâts et besoins ne sont parvenues que très lentement aux organisations chargées des sauvetages, occasionnant des retard considérables dans leur intervention. Une modélisation préalable des dommages potentiels causés par un séisme de l'intensité de celui subi par Haïti aurait permis de connaître et de mobiliser beaucoup plus rapidement les aides nécessaires et de les diriger sur les zones les plus exposées. Seul problème, ces informations, contrairement à celles relatives à la probabilité d'un tremblement de terre, évoluent dans le temps… Croissance urbaine, structures des bâtiments, déplacement des populations, état des réseaux et infrastructures sont autant de données variables qu'il faut mettre à jour constamment si l'on veut évaluer les risques. A la difficulté d'obtenir des données à jour sur tous ces facteurs s'ajoutent la grande variabilité des modèles actuels de calcul de vulnérabilité, et l'existence d'informations "sensibles" pour certaines autorités locales ou nationales. Au final, si l'impact potentiel des tremblements de terre est assez bien connu pour certaines zones situées dans les pays développés (la Californie, le Japon...), il n'en va pas de même pour la grande majorité des zones les plus exposées du globe. Or, pour de très nombreuses mégalopoles comme Mexico, Lima, Manille ou Istanbul, l'occurrence d'un événement sismique majeur n'est, hélas, qu'une question de temps à l'échelle de quelques dizaines d'années. C'est pour répondre à ces besoins qu'a été lancée, à l'initiative du Forum mondial de la science de l'OCDE, la fondation GEM (Global Earthquake Model), en mars 2009. Etablie à Pavie (Italie) sous la forme d'une fondation à but non lucratif, GEM est une structure unique résultant d'un partenariat entre gouvernements, organismes privés et organisations internationales. Son objectif est de produire en cinq ans, gratuitement et de façon totalement ouverte, des standards et modèles universels pour calculer et communiquer les risques (humains, sociaux, économiques, financiers…) liés aux tremblements de terre sur l'ensemble du globe. Pour achever cet objectif, GEM, qui espère disposer à termes d'un budget de 35 millions d'euros, travaille avec les meilleurs experts du monde entier au travers d'appels d'offres pour certaines parties de ses travaux et de nombreuses collaborations régionales et internationales. On ne peut qu'espérer que les sept gouvernements actuellement partenaires de GEM seront rapidement rejoints par de nombreux autres afin de permettre la construction et la diffusion rapide de ces outils indispensables à la réduction des risques liés aux tremblements de terre pour les régions les plus vulnérables de notre planète. Frédéric Sgard est administrateur au Forum mondial de la science de l'OCDE. |
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| Dernière mise à jour : ( 09-03-2010 ) |
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Mieux modéliser les risques sismiques pour mieux prévenir les catastrophes, par Frédéric Sgard :


